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LegalTech : buzzword ou réalité ?


Rédigé par le Mercredi 27 Juillet 2016 à 15:05 | Lu 164 fois


Si l’expression « fintech » est à coup sûr un des buzzwords de l’année 2015, l’expression « LegalTech » pourrait bien lui emboiter le pas en 2016. Construite sur le même modèle, LegalTech désigne les technologies digitales appliquées au domaine juridique et, par extension, les startups qui développent des services, applications et logiciels destinées à ce marché.



Des technologies de pointes qui permettent d'améliorer la pratique juridique

En cela, rien d’innovant. Cela fait longtemps que des éditeurs de logiciels développent des progiciels pour les cabinets d’avocats ou les tribunaux. La panoplie est vaste : bases de données juridiques, outils d’aide à la décision, gestion électronique des documents, logiciels de facturation, etc. La palette est large. Un rapide coup d’œil aux profils des exposants du LegalTech Trade Show, qui s'est tenu à New York du 2 au 4 février 2016, suffit à s’en convaincre. Événement majeur organisé outre-Atlantique, le LegalTech Trade Show illustre parfaitement le dynamisme de ce secteur technologique en constante évolution. Il a pour ambition de permettre aux cabinets d’avocats et aux professions juridiques de découvrir les technologies de pointes qui leur permettent d’améliorer leur pratique juridique.

Un enjeu pour la modernisation et l'adaptation de la justice

 
En Europe, la Commission Européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ), consciente que l’informatisation contribue à l’amélioration substantielle de l’efficacité des systèmes judiciaires, observe depuis 2006 l’évolution du taux d’équipement informatique et l’utilisation des technologies par les juges et le personnel des tribunaux. Leur impact sur l’efficacité et le mode de traitement des procédures apparaît évident, de même que les progrès dans les instruments de mesure permis par l’outil statistique.
Utilisation des LegalTech par les tribunaux – source : Fabio Bartolomeo, Directeur des statistiques au Ministère de la Justice italien et membre de la CEPEJ
Utilisation des LegalTech par les tribunaux – source : Fabio Bartolomeo, Directeur des statistiques au Ministère de la Justice italien et membre de la CEPEJ

Les startups LegalTech vont-elles uberiser la justice ?

En revanche, ce qui est plus innovant, c’est que récemment l’expression « LegalTech » a vu son acception s’élargir aux startups qui ont pour ambition de favoriser l’accès au droit des citoyens, consommateurs et entreprises ou encore de fournir à ceux-ci les outils qui leur permettront de régler leurs affaires juridiques, sans passer par l’intermédiaire d’un avocat ou de la justice.

En France, c'est avec cette vision que Legal e-Services s'est installée comme le spécialiste de la digitalisation des solutions de règlement extra-judiciaire des litiges. Le déclic est venu d'une rencontre avec Zbynek Loebl, avocat tchèque expert de l'ODR (Online Dispute Resolution) qui a abouti à un partenariat pour l'implémentation de Youstice, une plateforme de règlement en ligne des litiges de consommation, sur les marchés français, belge, portugais et marocain. Peu de temps après, c'est d'une rencontre avec un groupe de juristes lors hackhaton organisé par Axa et Open Law en 2015 qu'est né le projet de développement au sein du Lab Legal e-Services d'une plateforme digitale d'arbitrage qui a été mise en marché sous le nom de FastArbitre.
 

Du buzzword au mouvement disruptif

Un mouvement qui remonte à 2009 aux Etats-Unis et qui a pris beaucoup d’ampleur. Alors qu’elles étaient seulement 15 cette année-là, Angel List recense aujourd’hui plus d’un millier de LegalTechs, principalement en Amérique du Nord, mais aussi en Europe et en Amérique latine. Certes, ce nombre doit sans doute être relativisé. En effet, à y regarder de plus près, parmi ces entreprises, on compte également des cabinets juridiques qui se définissent eux-mêmes comme startup et des entreprises dont les services en sont encore au stade de la version beta, dans l’attente de lever des fonds. En outre, le nombre d’échecs passés montre qu’il est difficile de percer dans le secteur des LegalTechs.
 
Le plus souvent, les LegalTechs ont été créées par des étudiants en droit fascinés par la réussite du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, ou par des entrepreneurs, totalement étrangers au monde juridique, qui ont su déceler une opportunité économique dans la faible – pour ne pas dire le manque- d’appétence technologique des avocats et autres professions juridiques. Sous l’influence de l’université de Stansford et de sa Future Law Conference, véritable fer de lance du mouvement des startups LegalTech, la Silicon Valley s’est imposée comme le Hub mondial des LegalTechs. L’université californienne a d’ailleurs également lancé CodeX, à la fois centre de recherche sur les technologies juridiques et incubateur de startups lancées par les étudiants en droit dont sont issues quelques réussites du mouvement LegalTech telles que JudicataLex Machina, ou encore Ravel Law.


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